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8 - JOURNAL DE MARCHE DU 21ème B.C.P. (2)


13 août - Le 13 août, le bataillon reçoit l'ordre tant attendu de se porter en avant. Sur le secteur Vosges, les opérations de couverture terminées et l'entrée de l'armée d'Alsace par la trouée de Belfort (90) à Mulhouse (68), la Ière Armée entame le 14 août son offensive générale vers le Nord-Est. Pour la 25ème Brigade chargée de s'emparer du col et du massif du Donon, dernier contrefort des Vosges couvrant la vallée de Schirmeck (67), celle de St Quirin et dominant toute la plaine de Lorraine, les opérations se déroulent sans grandes difficultés. Le bataillon participe aux combats meurtriers du Petit Donon où les premiers raonnais viennent trouver la mort. 8 heures. Une quinzaine de cavaliers allemands se heurtent à un poste de la compagnie LAPOINTE (5ème) à Vierge Clarisse; l’un deux est tué. 8 heures 25, reçu du 21ème Corps d’Armée par téléphone l’ordre suivant : 21ème Corps d’Armée à 21ème Bataillon de Chasseurs à Celles sur Plaine. 21ème Bataillon de Chasseurs se portera aujourd’hui 13 pour 18 heures à Vexaincourt. Il poussera deux compagnies au col de Prayé. 8 heures 30, une patrouille de cavalerie allemande du 8ème Dragon léger Bavarois se présente avant la Chapelotte venant de Badonviller. Un cavalier allemand est tué. 10 heures, les 1ère et 6ème compagnies détachées à Raon l’Étape rejoignent le bataillon à Celles. 15 heures, en exécution des ordres reçus du 21ème Corps d’Armée à 8 heures 25, le bataillon  quitte Celles emmenant avec lui les détachements de la Chapelotte et d’Allarmont. Les 1ère, 3ème, 4ème et 6ème compagnies et l’État-major se rassemblent à Vexaincourt. Les 2ème et 5ème compagnies au col du Prayé. 15 heures 15, quatre cavaliers ennemis sont aperçus par le poste de Lajus arrivant par le chemin du ravin de Vohné dans la direction de Lajus. 23 heures 55, reçu du général commandant la 25ème Brigade, les ordres ci-dessous concernant la journée du 14 août. << Le 14 août, le 21ème Corps d’Armée attaque le Donon et Schirmeck en trois colonnes. Colonnes de droite objectif  : Schirmeck (67). Colonne du centre objectif : Vaquenoux, Granfontaine, les Minières. Colonne de gauche : 21ème bataillon de Chasseurs et peloton CHARDIN, objectif : le Donon par la vallée de la Plaine et la route Prayé – Donon. Le 21ème bataillon sera suivi par le groupement du général BARBADE – 3 pelotons du 4ème Chasseurs, 17ème et 20ème Bataillons de Chasseurs – 2 bataillons du 17ème d’Infanterie – 2 groupes A.D.13 – 57ème Bataillon de Chasseurs. La tête du 21ème Bataillon de Chasseurs passera à Raon-sur-Plaine à 6 heures, sortie Nord-Est de Raon-sur-Plaine.

14 août - Le 14 août, la 25e brigade monte à l'assaut du Mont Donon dont le massif, dernier contrefort des Vosges, couvre la vallée de Schirmeck, celle de St Quirin et domine toute la plaine de Lorraine. Les Allemands, surpris par la violence de l'attaque, débouchant soudain du bois sur la plate-forme du Donon, s'enfuient, abandonnant tout leur matériel dont une automobile d'un général en tournée d'inspection. Le bataillon, profitant de son premier avantage, pousse des reconnaissances hardies de tous côtés, parcourant en tous sens les grandes forêts qui descendent du Donon sur les vallées voisines, et les débarrasse des patrouilles allemandes qui se hasardent à proximité. 4 heures 30, départ de Vexaincourt. En arrivant à Raon-sur-Plaine, le bataillon reçoit l’ordre du 21ème Corps d’Armée de ne dépasser Raon-sur-Plaine qu’à 7 heures 30. Le peloton du 4ème  régiment de Chasseurs est envoyé sur la côte du Montier où il ne trouve rien puis vers la clairière de la plate-forme  du Donon. A 7 heures, le cavalier GOURLOT du 4ème régiment de Chasseurs à cheval est tué près de la  maison de douane près du Donon.  7 heures 30, l’État-Major, les 3ème, 4ème, 1ère compagnies mitrailleuses se portent de Raon-sur-Plaine vers la lisière Ouest de la clairière de la plate-forme du Donon. En passant dans les bois au Sud de la grande route, la 6ème compagnie se porte sur l’extrémité Nord de la même clairière en passant au Nord de la route. 9 heures 30, la jonction est faite avec les compagnies de Prayé sur la lisière Ouest de la clairière de la plate-forme. 9 heures 45, reçu du sous-lieutenant ERPINE un renseignement disant que les minières n’étaient pas occupées à 9 heures 15. 10 heures, ordre aux 2ème et 4ème compagnies de tenir l’angle Sud-Ouest de la clairière face au Donon et à Granfontaine. La 5ème compagnie doit donner l’assaut aux maisons voisines de la douane, ultérieurement hôtel Velléda et au haut Donon. La 1ère compagnie doit appuyer la 5ème. La 3ème est prête à appuyer les mouvements des 1ère et 5ème compagnies. Les mitrailleuses sont mises en batterie à la lisière Ouest de la clairière. Les éclaireurs montés établiront la liaison avec la 6ème compagnie. L’attaque est exécutée, l’ennemi résiste par quelques coups de fusil seulement. Il laisse entre nos mains trois blessés et plusieurs prisonniers. Au cours des engagements de la clairière de la plate-forme du Donon, la 2ème compagnie eu : 3 blessés, 1 sergent, 1 caporal, 1 chasseur. 11 heures, quinze cavaliers ennemis viennent reconnaître  le haut Donon. Ils perdent un tué et plusieurs blessés. Le bataillon est chargé de la défense éventuelle du Donon. La 3ème compagnie au col Nord du Donon. La 4ème sur le versant Nord-Ouest du Donon. La 5ème sur le versant Sud-Est du Donon. La 1ère, 2ème, 6ème compagnies en réserve au haut Donon. 15 heures, la 3ème compagnie pousse ses postes dans la direction de Tête de Mort pour assurer le débouché dans la direction du val de Saint-Quirin. 3 chasseurs et caporaux sont blessés par  l’ennemi posté dans les broussailles de la crête. 18 heures afin d’assurer la conservation du col Nord-Est au Donon, la 1ère compagnie est envoyée en renfort de la 3ème. A 20 heures 45, le chasseur de 2ème classe BOURRET Joseph, de la 4ème compagnie, est   blessé par coup de feu par méprise, au bras et à la cuisse, étant dans un poste d’écoute au Donon. Décédé par suite de ses blessures à l’hôpital de Raon l’Étape le 16 août et enterré à Raon l’Étape.

15 août - 8 heures 30 ordre est donné aux 1ère et 3ème compagnies sous les ordres du capitaine GAITET de pousser jusqu’à la côte 707 (entre le Donon et Tête de Mort), une section de la 4ème compagnie tenant pendant cette opération le col entre les deux Donon.  11 heures 20, les 1ère et 3ème compagnies atteignent la côte 707 d’où un petit détachement s’enfuit en abandonnant du matériel de couchage. Une troupe de cavalerie ennemie se montre à pied à la scierie de Saarquelle (route de Blanc Rupt) puis à cause du feu dirigée sur elle, se retire par petits groupes en emmenant ses chevaux. Le lieutenant MEYER avec une section pousse vers le col entre Malcôte et Tête de Mort sans rencontrer d’ennemi. 14 heures, les 1ère et 3ème reviennent à leur emplacement primitif au haut du Donon et au col  entre Donon sans être inquiété par l’ennemi. Pertes néant.

15 et 16 août - La 25ème Brigade du général BARBADE, organise la défense de la place considérée comme un point d'appui, pivot de manoeuvre pour les 1ère et 2ème Armée. Le 21ème B.C.P., effectue des reconnaissances vers les vallées des deux Sarres . Ils occupent les crêtes plus au nord (Tête de Mort, le Noll, le Gross Mann) par des petits postes, observatoires privilégiés pour observer les mouvements ennemis à l'est et au nord. En vue de la manœuvre du 21ème Corps d'Armée dans les deux jours qui viennent, aménagement et occupation de la cote 707 et de Malcote, dominant vers le nord-ouest les vallées supérieures de la Sarre Blanche et de la Sarre Rouge.

16 août - Le bataillon organise la défense du Donon considéré comme point d’appui pour les opérations militaires.

17 août - Deux compagnies du bataillon sont chargées d’appuyer deux reconnaissances de cavalerie. La compagnie GAITET (3ème) dans la direction d’Abreschwiller par la vallée de Saint-Quirin. La compagnie SERENIS (1ère) direction Méderkofet le Requin par la vallée de Blanc Rupt.  Départ de ces compagnies à 3 heures 30. Compagnie SERENIS rentré à 12 heures 30, aucun incident. Compagnie GAITET rentrée à 12 heures a eu un engagement avec une patrouille de Ulhands à la scierie du Courrier. Au cours de cet engagement, le chasseur de 2ème classe BRETENOUX  Jean, est tué. Le chasseur de 2ème classe DUBUC, est blessé grièvement à la poitrine. Le détachement GAITET tue trois Ulhands et fait prisonniers quatre autres plus un garde forestier allemand. Un poste de la compagnie ZUBER (6ème) détaché à la côte 707 (1500 m au Nord du Donon) à 7 heures 20 un engagement avec une patrouille du 11ème Uhland commandé par un sous-lieutenant. Le poste de la compagnie ZUBER a un caporal tué. Caporal BARZAUD lequel mortellement blessé crie : <<En avant à la baïonnette>> et tombe mort. Un caporal blessé. Caporal PERNON. Ce petit poste tue le sous-lieutenant commandant la patrouille de Uhlans et blessé un des hommes composant la patrouille.

18 août - Le 21ème bataillon est chargé de couvrir le passage de Malcôte et assurer le débouché du bois dans la direction vallée de Saint-Quirin à la 26ème Brigade. Départ des 1ère , 3ème et 5ème compagnies à 5 heures. Arrivée à 5 heures à la scierie du Courrier. En fouillant la maison forestière du Courrier, le sergent BESSON (3ème compagnie) est blessé. Rentrée des trois compagnies au Donon pour 14 heures.

19 août - Ce même jour vers 13 heures, seul, un peloton de la 6ème compagnie du 21ème occupe le Petit Donon. L'État-major de ce bataillon, commandant RAUCH se trouve au col entre les Donons, avec les 2 et 4ème compagnies, reliées à droite à la 1ère compagnie placée sur la route descendant vers Grandfontaine. La 6ème compagnie plus à gauche au pied des pentes ouest. La 3ème compagnie se trouve à la cote appelée 707, dans une tranchée, orientée NW-SE, et débutant en contrebas du col coupant en travers le carrefour des départementales. Effectif total environ 1600 chasseurs. 13 heures 25, la compagnie SERENIS (1ère) est envoyée au grand tournant  de la route (1500m Nord-Est de Granfontaine) avec ordre de se mettre en liaison avec le col du Donon. 14 heures 45,la compagnie GAITET (3ème) est envoyée à la côte 707. 15 heures, la compagnie CUNQ (4ème) est envoyée par ordre du général commandant la 25ème Brigade comme soutien à la compagnie FRANCILLARD (2ème) à JagdHütte avec mission de surveiller le col entre le grand Donon et le petit Donon. Les 2 et 4ème compagnies se mettent en liaison à leur droite avec la 1ère compagnie et à leur gauche avec la 6ème compagnie dont un peloton occupe le petit Donon. Le 21ème Bataillon de Chasseurs à Pied bivouaque sur ses emplacements. Rien à signaler dans la nuit du 19 au 20 août.

20 août - Le brouillard est très présent, stagnant sur les sommets et les pentes ouest de la crête. La 3ème compagnie reste à la côte 707 (Sud de la  Tête de Mort). La 6ème compagnie du 21ème B.C.P. est envoyée au Fallenberg La section SANGUET (2ème compagnie) est envoyée à la côte 800 entre petit Donon et Kolberg. tandis qu'un poste d'observation et de réglage pour le Ier groupe d'artillerie du 62ème R.A.C. gagne le sommet du petit Donon, rejoignant la 3ème section, (6ème compagnie) commandée par le sous-lieutenant MONTENOT, qui occupe toujours la redoute naturelle que représente le piton rocheux formant le sommet. Il est 11 heures 20, le bombardement du Fallenberg, du petit Donon puis du secteur environnant commence. Il dure jusqu'à 19 heures 20. 12 heures 20, une attaque d’infanterie a lieu sur la côte 707 appuyée par le bombardement qui continu. 13 heures, la 4ème compagnie est détachée sur le chemin circulaire du Donon face à l’Est. 13 heures 35, le 57ème Bataillon de Réserve de Chasseurs à Pied est mis à la disposition du commandant  du 21ème Bataillon. Une de ses compagnies est envoyée en réserve au col du Donon, les deux autres restent en réserve à l’intersection du chemin de JagdHütte et de la grande route. Un chasseur du 57ème est tué par un obus. Le brouillard s'est dissipé et des mouvements de troupes à mi-pente du massif sont visibles. Vers 15 heures, la compagnie SERENIS signale de violentes attaques d’infanterie sur Granfontaine. 15 heures 30, la 5ème compagnie qui était en réserve à la plateforme se porte sur Granfontaine sur l’ordre du général commandant la 25ème Brigade. 17 heures 45, une fusillade éclate au Fallemberg suivie d’un assaut de l’ennemi dans la direction du col. Vers 18 heures au petit Donon, l’attaque allemande se déroule comme prévue avec les 109ème et 119ème R.I.R. Ce dernier venu par le Kohlberg, attaquant le piton principal par le Sud et l'Est. Le nombre aidant, ils chassent assez facilement la 3ème section du 21ème B.C.P. qui vient de perdre son chef le sous-lieutenant MONTENOT. Ce dernier vient d'être tué au sommet du petit Donon. Les 75 français ne reçoivent plus de directives de leurs observateurs, ceux-ci ont aussi été tués par un obus de 105. Par le sentier suivant la crête depuis le Collet, la 6ème compagnie placée en réserve sur les pentes Ouest attaque baïonnette au canon sur l'ordre du capitaine ZUBER, le bastion rocheux que forme le sommet et réussit à le reconquérir. Les quelques chasseurs rescapés de la section MONTENOT se joignent à la 6ème compagnie, sous le commandement du sous-lieutenant DALANZY commandant la 4ème section de cette compagnie. 18 heures 15, les deux compagnies du 57ème Bataillon qui étaient en réserve sont envoyées au col du Donon. 19 heures 05, la section SANGUET qui était à la côte 800 entre le petit Donon et le Kolberg se   replie sur le col du Donon devant une grosse attaque d’infanterie. 19 heures 20, le bombardement cesse, la fusillade continue mais s’arrête assez vite. L'ombre s'allonge sur les pentes et sous les sapins la visibilité baisse vite ; de plus les attaquants allemands sont épuisés. La 6ème compagnie du 21ème B.C.P. évacue les pentes du sommet et regagne le refuge de chasse (Lagdhütte au col entre les Donons).  20 heures la compagnie ZUBER (6ème) se replie sur JagdHütte. Le bataillon bivouaque sur ses emplacements. Seuls les 20 chasseurs rescapés de la 3ème section de la 6ème compagnie sont toujours au sommet avec le sous-lieutenant DALANZY, qui pense que du renfort va arriver. Du côté du Collet et du Fallenberg où se trouvent la 2ème et la 1ère section, la fusillade continue.  A tout moment l’attaque du Petit Donon par le sentier de crête peut reprendre.  De plus les allemands sont en train de creuser une tranchée perpendiculaire à ce sentier, base de départ pour une attaque.  Dans la vallée, le général Von PAVEL est averti de la prise du Petit Donon à 20 heures 15 mais des nouvelles contradictoires vont s'ensuivre, comme quoi les troupes allemandes se sont retirées par la suite. À 21 heures toute la montagne est aux mains des allemands, excepté les chasseurs commandés par le sous-lieutenant DALANZY, lesquels, attendant vainement des renforts, fini par faire redescendre les rescapés par la pente sud-ouest à la nuit tombée au col entre les Donons ; Les fantassins du 109ème R.I.R retournent sur le Kohlberg où ils avaient laissé leurs sacs lors de la montée. Une trentaine d'hommes seulement du 109ème R.I.R. Badois, occupent à la nuit tombante le sommet avec pour chef le colonel Von UHE qui ne voyait pas l'avantage à rester la nuit sur ce réduit avec aussi peu d'hommes. Vers 23 heures, le pont au-dessus de Granfontaine est enlevé par les allemands. Tués au total  :  2 officiers – 3 sous officiers – 1 caporal – 11 chasseurs. Plus tard dans la nuit, Von UHE fait monter des pionniers avec du matériel, quelques sections isolées des 109ème et du 110ème R.I.R. rallient la crête de sorte que la petite garnison se trouve portées à 500 fusils. Les pionniers réparent puis renforcent fortement les tranchées françaises  malmenées puis bouleversées par les obus des 105, y installent des fils de fer, des barbelés, parapets et creusent une nouvelle tranchée. A l'aube, les attaquants français vont trouver une défense solide bien retranchée et réorganisée.