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10 - LES COMBATS



25 AOÛT
La 7ème Armée allemande (général Von HEERINGEN) est positionnée face à la 1ère Armée française, tandis que la 6ème Armée ( KRONPRINZ RUPPRECHT de Bavière ) fait face à la 2ème Armée. Le 15ème AK (général Von DELMLING) fonce sur Raon l'Étape (88) et Thiaville-sur-Meurthe (54).


La "bataille des ponts" est acharnée dans toutes ces communes. Dès le matin, Raon L'Étape est incendiée notamment par le 99ème R.I. qui se livre à d'autres exactions. Les chasseurs des 20ème et 21ème B.C.P. défendent les ponts de Raon et de La Neuveville-lès-Raon ; Les ponts et passerelles de Raon défendus par ces chasseurs tiennent. Quant à Thiaville, les allemands réussissent à franchir la Meurthe malgré une défense organisée par le 17ème R.I. et tentent de déborder les défenseurs de Raon-L'Étape par Sainte-Barbe (88). Les 20ème et 21ème Bataillons de Chasseurs bâtent en retraite en combattant par la Haute-Neuveville sur le col de la Chipotte. La situation est critique. La 1ère Armée est obligée d'opérer un léger repli de son centre mais les ordres sont formels : Tenir ! La 13ème D.I. venant de Raon l'Étape occupe le col et les bois environnants, tandis que la seconde division d'infanterie ( 43ème D.I. ) du 21ème Corps d'Armée ainsi que la 44ème D.I., se replient par les bois qui couvrent les pentes Nord-Ouest depuis le col jusqu'aux villages de Sainte-Barbe, Ménil-sur-Belvitte, poursuivie par les canons de 105 allemands. L'artillerie française ne peut guère agir étant prise à partie par ces 105 ennemis. Les Français creusent rapidement des tranchée peu profondes. Dans ces secteurs très boisés, où la visibilité est très limitée où les attaques et contre-attaques mélangent les assaillants, l'artillerie de campagne n’est pas d'une grande utilité, en revanche l'artillerie lourde allemande cause des ravages sanglants. C’est essentiellement des combats d'infanterie et les affrontement à l'arme blanche sont nombreux. La nuit fait cesser quasiment les combats et chaque adversaire aménage comme il le peut ses positions, recherche ses blessés ; Les morts restent pour la plupart sur le terrain.
3 heures, ordre est donné au bataillon de défendre La Neuveville lès Raon en liaison avec le 20ème Bataillon. 6 heures, le combat commerce. La 2ème compagnie est chargée de tenir la passe celle des Châtelles. La 1ère compagnie défend le pont du chemin de fer et la passerelle. le 5ème compagnie défend le passage à niveau. Les 3ème, 4ème, 6ème compagnies sont en réserve. 7 heures 30, les allemands bombardent la gare de La Neuveville et ses environs. Les éléments des autres corps d’infanterie et d’artillerie placés en arrière du bataillon vers La Haute Neuveville se replient sans prévenir. Le chef de bataillon se voyant complètement cerné par l’infanterie ennemi, sur la rive gauche l’infanterie allemande venait par le pont de Thiaville où elle n‘avait trouvé aucune résistance, bombardé et mitraillé sans aucun élément de repli donne l‘ordre de tenir jusqu‘après l‘écoulement des trois compagnies du 20ème Bataillon qui sont au pont de Raon l‘Étape et de se retirer ensuite. Les sections FOUFREYDE et BOUHSTAL de la 4ème compagnie , de MIRIBEL de la 3ème compagnie et en dernier lieu LEMARCHAND (1ère compagnie) doivent couvrir la retraite. Ces sections exécutent l’ordre strictement. Le bataillon est porté aux lisières des bois à l’Ouest de la Haute Neuveville puis bivouaque en première ligne.

Journée du 25 août

1ère Armée française
DUBAIL veut continuer à contre-attaquer dans la journée du 25. Son P.C. est à Rambervillers.
L’objectif de la droite de l’armée est Raon l’Étape et Baccarat.
21e C.A. : attaquer par la rive gauche de la Meurthe.
14e C.A. : attaquer vers Raon l’Étape par la rive droite.
13e C.A. : attaquer sur Ménarmont.
8e C.A. : attaquer vers Moriviller.
Les forces allemandes avancent avec une confiance extrême. Elles atteignent la ligne en avant de Lunéville - Blainville - Gerbéviller - Saint-Dié.
Dans la matinée, les 21e et 13e C.A., formant le centre de la Ie armée, sont attaqués par des forces importantes, le 14e C.A. badois notamment. L’attaque a lieu sur le front Raon l’Étape -Thiaville.
Au 21ème C.A., la 13ème Division doit attaquer le front Raon l'Étape - Thiaville mais, après une forte préparation d’artillerie, l’armée allemande débouche de Thiaville.
Après un combat de dix heures, les 1er et 2ème Bataillons du 109ème sont obligés de se retirer à travers la forêt mais les mitrailleuses françaises ont causé de grands ravages dans les troupes allemandes à Raon-sur-Plaine. Vers midi, sous la pression violente de forces supérieures de l’armée Von HEERINGEN et de l’aile gauche de l’armée bavaroise (6ème), tout le centre de DUBAIL (13ème et 21ème C.A.) se replie et abandonne la position de Ménarmont, sur la ligne qui protège directement Rambervillers. La gauche du 21ème C.A. est attaquée par le 1e C.A. bavarois (Von XYLANDER). Toutefois, le retrait de l’armée de DUBAIL est de quelques kilomètres seulement. En repliant son aile droite sur le col de la Chipotte, il a choisi un terrain permettant une solide résistance (le col de la Chipotte est au Sud-Ouest de Raon l'Étape, entre cette ville et Rambervillers).

26 août - Les attaques allemandes sur le col, d'une manière générale, sont toujours prononcées par l'Ouest, venant de Baccarat, par Thiaville, Nossoncourt, Sainte-Barbe. Dès 5 heures du matin, les allemands reprennent l'offensive. Cette journée également, les français suivent l'ordre du jour de DUBAIL. Deux corps bavarois (6ème Armée) attaquent de Magnières (54)
- en direction de Roville-aux-Chênes tentant de contourner par l'Ouest le passage de La Chipotte.
- par Sainte-Barbe en direction du col de la Chipotte, notamment vers la cote 423
Les 20ème, 21ème B.C.P. et 21ème R.I. chargent à la baïonnette et refoulent les assaillants. Les avant-postes du col reste aux mains du 21ème C.A. mais l'artillerie lourde ennemie (105 et 150) cause énormément de pertes dans les positions françaises. 5 heures, l’ennemi attaque la ligne des avant-postes. Le 21ème Bataillon abandonné sur sa gauche, appuie à gauche pour tenir les bois. La 5ème compagnie couvre le repli des autres éléments du 21ème Bataillon et autres corps. Les compagnies se portent à la Chipotte. 10 heures, le bataillon reçoit l’ordre d’appuyer la droite d’un mouvement offensif sur la ferme située à l’embranchement des deux routes de la Chipotte à Raon l’Étape. Liaison avec le 20ème Bataillon. 15 heures, les 20ème et 21ème Bataillons se replient sur la Chipotte. 17 heures, le bataillon reçoit l’ordre de la Brigade de dégager la route de Saint-Benoît (88). Il est accompagné par les éléments des 20ème et 57ème Bataillons. La marche sur Saint-Benoît s’effectue sans incident. A Saint-Benoît, ordre est donné au bataillon de se rendre à Brû (88) où il cantonne. 
Rien dans la nuit du 26 au 27 août.
BLESSES 18 troupe
DISPARUS 2 officiers & 21 troupe

27 août - La matinée est assez calme au col de la Chipotte. Saint-Dié est tombée, et la 27ème D.I. qui défendait la côte de Répy, doit se replier sur Nompatelize et Saint-Remy. L'ennemi commence à pénétrer le massif forestier du col du Haut-Jacques et menace directement la route Saint Benoît-Rambervillers-Épinal, avec un double but: couper en deux l’armée française et s'ouvrir également la route vers la Moselle. La position clé du col de la Chipotte est donc menacée sur ses arrières. Les 17ème et 109ème R.I. tiennent fermement leurs positions. Le 21ème R.I., les 5ème et 6ème R.I.C. (2ème Brigade coloniale) repoussent l'attaque du village. Les charges et contre charges se succèdent, extrêmement meurtrières. L'ennemi s'empare du col pour en être chassé quelques heures plus tard notamment par le 17ème B.C.P. et un bataillon du 6ème R.I.C. Malgré l'artillerie lourde ennemie qui continue de pilonner tout le secteur, les Français se maintiennent sur la ligne de crête: col de la Chipotte - cote 423. Les pertes sont lourdes, de part et d'autre, beaucoup de chefs de sections, de compagnies ont été tués. Les patrouilles rapportent que les sous-bois sont couverts de blessés et de cadavres amis et ennemis mélangés. 12 heures, le bataillon reçoit l’ordre de se porter à Housseras ou il cantonne. Aucun événement dans la nuit du 27 au 28 août.

28 août - Le 13ème C.A. reprend l'offensive à l'ouest et reprend les positions perdues près de Doncières. Le 21ème C.A. attaque en direction de Sainte-Barbe et de Raon-L'Étape. Saint Benoît la Chipotte est pris, après une violente canonnade de l'artillerie lourde allemande sur le village. La côte de Répy est aux mains allemandes, le col de La Chipotte également, les forces françaises tiennent encore la cote 423, ainsi que le sud du col. Les troupes françaises, allemandes sont épuisées; elles restent sur leurs positions et se retranchent . En soirée, l'artillerie lourde continue son travail de bombardement méthodique des positions françaises. 11 heures, le bataillon reçoit l’ordre de se porter à la passe du Renard. Les 3ème et 4ème compagnies occupent des tranchées sur la route au débouché de la passe du Renard, couvrant le bataillon dans la direction La Bourgonce (88). 18 heures 30, le bataillon reçoit l’ordre de se porter au col de Chilimont et de tenir le col et la passe du Renard. Le gros du bataillon se porte au col de Chilimont où il bivouaque. Les 3ème et 4ème compagnies restent sur leurs emplacements à la passe du Renard. Rien à signaler dans la nuit du 28 au 29 août 1914.

29 août - La 6ème Brigade Coloniale reprend le village de Saint-Benoît mais ne peut poursuivre. Au col les allemands semblent piétiner et renoncer à une attaque directe, leurs pertes ont été au moins aussi lourdes que celles des français. Depuis la veille, ils essaient d'opérer, par un mouvement enveloppant, par l'est (attaque sur le village de Saint-Benoît) et l'Ouest (par le col du Haut-Jacques et d'autres petit cols: la Passée du Renard, col des Rouges-Eaux...), menaçant d'isoler ainsi la position clé du col de la Chipotte, môle de résistance sur la route d'Épinal. Les combats en sous-bois se poursuivent tout au long de la journée sans amener de changement notable. 8 heures, ordre est donné au bataillon de se porter à Willaume-Fontaine. Le gros du bataillon s’y rend, seule la 3ème compagnie reste sur ses emplacements à la passe du Renard. 16 heures, ordre est donné au bataillon de se rendre au Haut du Bois. La 3ème compagnie reste sur ses emplacements. 18 heures, en arrivant au Haut du Bois, le bataillon reçoit l’ordre de se porter sur le chemin de la crête du Haut du Bois à la Chipotte où il bivouaque. Rien à signaler dans la nuit du 29 au 30 août 1914.

30 août - Ce 30 août, depuis les Hautes-Vosges, jusqu'à La Chipotte la Ie armée française marche en avant. Journée décisive. À la Chipotte tous les Bataillons de Chasseurs à Pied des deux divisions du 21ème CA, en réserve depuis deux jours, sont montés en ligne depuis la veille au soir. Ceux de la 25ème Brigade (13ème D.I.): 17, 20 et 21ème B.C.P., ainsi que la brigade bleue (43èmè D.I.): 1, 3, 10 et 31ème B.C.P. Les charges se succèdent. Les pertes sont lourdes mais l'ennemi cède peu à peu. 6 heures, ordre est donné au 17ème Bataillon d’attaquer la Chipotte par la crête, 20ème Bataillon à droite, 21ème à gauche. Les 2ème, 5ème, 6ème compagnies sont engagées à l’attaque à gauche du 17ème Bataillon. Les 1ère et 4ème restent disponibles au début. Sur l’ordre de la Brigade, un mouvement de rabattement à droite est tenté par les 1ère et 4ème compagnies appuyées à gauche.
TUES : 3 officiers - 7 troupe
BLESSES : 1 officier – 2 sous officiers 45 troupe
DISPARUS : 33 troupe

31 août - Les allemands n'attaquent plus et se retranchent. Des troupes de réserve remplacent certaines d'actives qui partent également pour la Marne où va se jouer à présent le tournant de la guerre. Le général DUBAIL communique aux troupes la note du généralissime JOFFRE qui exprime aux 1ère et 2ème Armées la satisfaction l'exemple de courage et d'endurance qu'elles ont donné. Le 21ème Bataillon garde les tranchées et surveille les chemins environnants. Fréquents contacts des patrouilles du bataillon avec les patrouilles ennemies. 13 heures, un bataillon du 97ème Infanterie Alpine vient se placer à gauche du bataillon pour se relier avec les coloniaux. A 15 heures 30, la 86ème Brigade dépasse le bataillon se portant à l’attaque de la Chipotte. Sur la demande du colonel commandant la 86ème Brigade, le bataillon occupe la crête en profondeur depuis les tranchées jusqu’au chemin de la Rappe à Corbé pour couvrir face à droite l’attaque de la 86ème Brigade. 16 heures 45, le bataillon reçoit l’ordre de se porter au Haut du Bois après avoir été relevé par le 20ème Bataillon. 18 heures, on entend une fusillade du côté de Woirinchâtel. La 5ème compagnie est envoyée au petit col 800 mètres Nord de Woirinchâtel pour se mettre en liaison avec le 17ème Bataillon. 19 heures 15, le 20ème Bataillon arrive et relève le 21ème qui se rend au Haut du Bois où il bivouaque. Aucun événement dans la nuit du 31 août au 1er septembre.

1 septembre - Sur la demande de Joffre, le général DUBAIL, désigne un Corps d'Armée lequel, quittant le front de Lorraine doit venir sur le front de la Marne. C'est le 21ème C.A. qui va quitter la 1re armée, à commencer par la 13ème D.I., et, par voie ferrée gagner Wassy (52). De là, son intervention sera décisive les 8 et 9 septembre, dans la bataille de la Marne. La Division BARBOT, tente un coup de force par l'Ouest du col de la Chipotte en direction de la vallée de la Meurthe mais manque d'être tourné par des troupes ennemies arrivant par Saint-Barbe. Repli, défense et maintien au col. Le bataillon passe la journée au bivouac au Haut du Bois. La 2ème compagnie couvre le bivouac du bataillon. Rien à signaler dans la nuit du 1 au 2 septembre.

2 septembre - La 44ème D.I. relève le 21ème C.A. et vient occuper ses positions. Les allemands s'aperçoivent de ce mouvement et en profite pour attaquer. La 44ème D.I. se replie légèrement vers l'ouest et avec l'aide du 13ème C.A. se maintient. La Ière Armée française, après le prélèvement du 21ème C.A. ne peut plus prendre une attitude offensive, le général DUBAIL ordonne d'organiser les positions et retranchements. Le terrain est aménagé avec une défense en profondeur. L'ennemi tente toujours des attaques, surtout par l'ouest du col. Le bataillon passe la journée au bivouac du Haut du Bois. Rien à signaler dans la nuit du 2 au 3 septembre.

3 & 4 septembre - Des attaques allemandes sporadiques continuent, gains et pertes de terrain, de chaque côté, se succèdent ne pouvant plus rien apporter de décisif sur ce front, mais causant des pertes parfois importantes.

5 & 6 septembre - À l'Est du col, la 27ème D.I., se repliant du col et du massif du Haut-Jacques, vers Brouvelieures, l'encerclement du col de la Chipotte est, une fois de plus à craindre. Mais le 6 cette même Division reprend l'offensive et repousse les troupes ennemies. Côté allemand le 15ème AK quitte le secteur vosgien pour la bataille de la Marne. Les troupes de réserves remplacent de plus en plus celles d'actives. Peu à peu le front devient plus calme tout au long de la Meurthe, mais les unités allemandes se maintiennent toujours en rive gauche de cette rivière.

6 septembre - Raon-l'Étape ne resta pas longtemps sous occupation allemande. A partir du 6 septembre 1914, l’ennemi se replia. Le 8 septembre 1914, le 21ème B.C.P. est transporté en chemin de fer dans la Marne au camp de Mailly. La ville de Raon l’Étape occupée connaît un régime de police sévère jusqu’au 11 septembre où la retraite allemande sonne. Dans l’après-midi du même jour, un certain nombre de raonnais sont arrêtés dont l’Abbé CHRISMENT.

Après le 10 septembre - L'ordre du jour de JOFFRE à DUBAIL pour la Ie armée française semble montrer que la bataille défensive est terminée. Le 11 septembre, ordre est donné de marcher en avant et partout. Le général DUBAIL commandant la 1ère Armée, ordonna une contre offensive. L’envahisseur se replie à son tour avec armes et bagages. Le 12 septembre 1914, les allemands évacuent et abandonnent Raon l’Étape. Au matin, comme le dernier régiment part, les otages sont libérés. Laissé intact par le Génie français, le grand pont voit passer les combattants français et allemands de la Chipotte. A leur passage de retraite, les pionniers Wurtembergeois du 13ème Bataillon allemand minent ce pont, celui du chemin de fer ainsi que les deux passerelles sur la Meurthe. Il explose le samedi à 4 heures. Les dégâts concernent l’arche centrale et le tablier qui sont détruits. Les Français firent à nouveau leur entrée dans Raon l'Étape qui est libérée puis de nouveau française. L’occupation allemande de la ville ne dura que 19 jours mais les destructions volontaires laissèrent la ville au trois quarts détruite. La nouvelle ligne de front se stabilisa à une douzaine de kilomètres, parallèlement à la rive droite de la Meurthe, au niveau du col de La Chapelotte - La Fontenelle. Les troupes françaises suivent les troupes allemandes qui repassent en rive droite de la Meurthe. L'ennemi ne retraitera pas jusqu'à la frontière et la ligne de front va se stabiliser depuis le col du Bonhomme jusqu'à Nomeny. Pour les secteur face au col de la Chipotte, cette ligne passe par le Ban-de-Sapt, Senones, Celles-sur-Plaine, le col de la Chapelotte, Badonviller... Cette ligne de démarcation restera pratiquement la même jusqu'à l'armistice. Des combats s'y dérouleront de temps à autre, et notamment dans les Hautes Vosges, à la Fontenelle, et au col de la Chapelotte. Les pertes françaises dépassent les 4 000 tués. Celles des allemands sont sensiblement supérieures au regard des effectifs engagés sur dix jours. Le 15 septembre, il ne reste plus rien de la grande rue à RAON et on ne trouve rien à manger. De la fin 1914 jusqu’à mi 1915, les deux agglomérations ne courent pas de grands risques.



1915

Février 1915 - Le trafic par voie ferrée reprend en nocturne en raison des bombardements ennemis très irréguliers. Le 12 août 1915, pour la première fois, Raon est bombardée. Le premier obus tombe à 8 heures devant l’église Saint-Georges, il y a 4 blessés. Le bombardement continue pendant deux heures mais près de la gare. Les allemands lancent 63 obus de 130 mm tuant 6 personnes et faisant 12 blessés. L’émotion est très grande, beaucoup de gens se sauvent. Le 7 septembre, un nouveau bombardement est commis avec 11 obus de lancés, et encore 2 soldats tués puis 4 blessés. Le 8 de ce même mois, le bombardement reprend 96 fois. Il n’y a heureusement pas de victimes. Cette fois les usines AMOS & Cie sont fortement endommagées et il faut cesser le travail. Un wagon prend feu à la gare et il est complètement brûlé. D’août 1915 jusqu’au 9 septembre, les deux communes sont bombardées 169 fois dont 56 sur les usines AMOS & Cie alors en pleine activité. Le 17 octobre 1915, visite de trois avions < boches >, 1 soldat tué et 2 personnes blessées. Durant l’année 1916 un entrepreneur de maçonnerie qui possède des immeubles a hâtivement construit des bâtiments provisoires en prévision du coût de commerce que provoque l’arrivée de nombreux militaires au repos. Du 15 mars au 9 juin 1916, deux compagnies du Génie maritime français établissent deux ponts PIGEAUD accolés de quinze mètres. Une voûte en maçonnerie, rétablie sur la largeur d’une voie, permet le passage de pièces d’artillerie lourde à grande portée. Passerelle provisoire qui est pendant le conflit gardée par une sentinelle. Le front se stabilise ensuite à huit kilomètres à vol d’oiseau. La lutte se poursuit dans la vallée et la ligne se fixe à Celles-sur-Plaine (88). Durant le reste de la guerre, les allemands bombardent périodiquement les deux communes. Leurs cibles sont la gare, l’usine à gaz. En 1917 et 1918, Raon l’Étape et La Neuveville connaissent leurs premiers mitraillages bombardements aériens. Le 11 novembre 1918, Raon est informé de l’Armistice, dès 7 heures, et cela grâce à un poste de télégraphie sans fil installé par les troupes françaises. A 7 heures 43, les cloches de La Neuveville sonnent à toute volée le carillon de la victoire.

Après le 10 septembre - Cette ligne de démarcation reste pratiquement la même jusqu'à l'Armistice. Des combats s'y dérouleront de temps à autre, et notamment dans les Hautes Vosges, au col de la Chapelotte.

Communes détruites



Lieux de combats des Chasseurs